DESERT D'HIVER ( par Julien Gravaud )

DESERT D’HIVER (par Julien Gravaud)

Une bonne idée est souvent simple et c’est généralement à ça qu’on la reconnaît. Elle peut être un peu farfelue mais suscite toujours l’intérêt, la curiosité, l’envie de la faire exister.
Alors, quand cette idée consiste à rassembler 12 individus pour une traversée d’un désert espagnol par ses sentiers et chemins aux portes de l’hiver, comment ne pas souhaiter en être ?

- texte & photos J.Gravaud / Photos add. JP Mothes -

 

DESERT D’HIVER (par Julien Gravaud)

L’affiche d’un vieux western spaghetti se dessine presque instantanément dans les têtes, un gros titre en jaune sur un fond de paysage arides : Les douzes salopards.

Le décor se précise. Pas d’équitation ici, juste des vélos à gros pneus amenant les protagonistes à traverser les reliefs désertiques à la force de leurs jambes.

Scène d’ouverture, un plan large de la bande qui cavale permet de passer en revue son éclectisme : un jeune fougueux au membres allongés, quelques vieux briscards, des baroudeurs hirsutes, et autres mercenaires au coup de pédale teigneux composent cette équipe improbable.

Tout a commencé sous la pluie du pays basque, un samedi matin, tôt. Des voitures chargées de vélos et de bonhommes à la mine enfarinée se garent devant le seul local allumée du bâtiment. Il est 6h30, les politesses s’échangent entre les futurs compagnons d’aventure avant de remonter dans les véhicules, direction Villafranca porte d’entrée vers les pistes caillouteuses des Bardenas. La pluie martèle la tôle des 4 voitures qui se suivent, le bras des essuie-glaces faisant gicler frénétiquement l’eau qui transforme les pare-brise en verres déformants. Peu de chances que l’aventure ne soit pas humide à souhait.

Pourtant, au loin le couvercle de coton noir semble prendre fin, laissant apparaître la silhouette de la possibilité d’une traversée sèche.


DESERT D’HIVER (par Julien Gravaud)
Si le vélo de route est fait pour les adultes, le gravel et ses montures à gros pneus se destinent d’avantage aux grands enfants, aux bons à rien, et à tout en même temps. Il estompe les frontières entre les pratiques et les pratiquants remettant le jeu et le plaisir au centre de l’équation.

Bénies par un soleil inespéré, les deux journées de cette traversée n’auront été que rigolades, cavalcades, dérapages et autres filouteries, sans oublier les quelques canons partagés à la fin de chaque journée.


DESERT D’HIVER (par Julien Gravaud)
Comme le dénouement d’un album d’Asterix et Obelix, l’aventure se termine par un banquet à l’asador de Villafranca, point d’orgue d’un week-end parfait. En attendant que les chemins des nos 12 salopards se croisent de nouveau …

La fameuse bande des 12 salopards